Charlotte LIMONNE

menu

Charlotte LIMONNE

Heidegger considère que la pensée a deux essences. L’une est la méthode et l’autre, le chemin. Ces deux termes désignent deux orientations opposées. La méthode caractérise une pensée qui calcule, tandis que le chemin est plutôt une pensée qui médite. Ces deux modalités, dans l’exercice de la pensée, permettent aussi deux manières distinctes d’aborder l’espace, le temps et le monde. Si, dans notre société actuelle, la pensée méthodique est souvent privilégiée, Charlotte Limonne se propose de suivre une pensée qui chemine. Cette pensée est un fil, une pelote que l’on dévide : une idée menant à une autre, et une autre encore, suivant le jeu infini des correspondances. Toutes ses idées-fils se croisent et s’entrecroisent pour former dans ses recherches plastiques un réseau complexe de significations, propice aux interprétations multiples, comme aux collaborations.

Les mélanges de techniques sont employés pour renforcer cette vision d’un monde sans limite précise, flou, en perpétuel mouvement et mutation, où les corps se mêlent au décor, où l’intime et l’universel se fondent. La perte de repères (qui sont aussi des repaires…) est, selon l’artiste, le meilleur moyen de renouveler notre regard sur le monde.

Cette question du regard est omniprésente dans ses derniers travaux. Charlotte Limonne aimerait que grâce à ses œuvres chacun s’interroge : Que regardons-nous ? Que voyons-nous face à un corps ? Et face à une œuvre d’art ? L’artiste souhaite capter le regard du spectateur et retenir son attention. La parure a probablement un rôle similaire, comme cette « cuirasse », à la fois protectrice et objet d’apparat, qui semble conçue pour tout à la fois cacher le corps et le montrer dans toute sa puissance. Le filet dont elle est constituée, évoque celui dont on se sert à la chasse et à la pêche. Il est ici, une nasse, un piège pour le regard qu’il attire entre ses mailles.

légendes des images :

1- Voiles, 2015.
Teinture végétale sur mousseline de soie, 2 voiles de 180 x 135 cm chacun.

2 et 3- Paravent, 2015.
Teinture végétale sur twill de laine, structure en bois, miroir, h200 x Ø200 cm. (vue d’ensemble et détail).

4- Cuirasse, 2015.
Lacet, fils à broder, grès émaillé ; support en bois, 145 x 50 x 35 cm.

5 et 6- Texere Praxis, 2015.
Co-créée par Ludmilla Coffy, Milena Mogica-Bossard, Charlotte Limonne et Claire Revol, à partir d’une idée de Charlotte Limonne, sur une proposition sonore de Alice Calm. Performance pour 4 danseurs et un musicien.

7- La Robe-sablier, 2016. Œuvre collaborative de Trame de soi (Alice Calm, Johanna Elalouf, Charlotte Limonne, Catherine de Robert et Mireille Vallet) Techniques mixtes, à partir d’une robe-bustier du styliste, Gérald Ibanez.
Site : charlottelimonne.wordpress.com


EXPOSITIONS COLLECTIVES :


2016 :

octobre

« Altération : Stylisme et art contemporain », la Nouvelle Manufacture de Saint-Martin-de-Valamas (Ardèche).

juin

« Cinéfils : Almodovar », Cinéma le Comoedia (Lyon). Exposition accueillie ensuite au Paradisio (Saint-Martin-d’en-Haut) et au Cinéma Fellini (Villefontaine).

2015 :

novembre

« Japan Blue », Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc (Lyon), dans le cadre du festival Label Soie.

mars / août

« Tresses entre lacets », à la Maison des tresses et lacets de La-Terrasse-sur-Dorlay (Loire), dans le cadre de la programmation OFF de la Biennale Internationale Design de Saint-Étienne.

février

« Enfibre – Trame de soi », à l’Espace liberté de Crest (Drôme).

avril

Exposition de diplômés du master Arts plastiques de l’Université Jean Monnet, à la Cité du Design de Saint-Étienne.

2013 :

novembre

« Parcours Textile », à la Mairie du 4e arrondissent de Lyon, au Théâtre de la Croix-Rousse et dans les vitrines de commerces lyonnais, dans le cadre du festival Label Soie.

mars / décembre

« Trame Nature », à l’Écomusée textile de Wesserling (Haut-Rhin).

2012 :

novembre

« Sans fil », au Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc (Lyon), dans le cadre du festival Label Soie.

2011 :

mai / septembre

« Scènes de Ménage », à l’Écomusée du Haut-Beaujolais (Thizy).

octobre 2010 / février 2011 :

« Bijoux textiles », au Musée des Tissus et à la Galerie Artefact (Lyon).

2010 :

janvier / juin

« Minuscules, les livres de très petits formats au fil des siècles », au Musée de l’Imprimerie (Lyon).

janvier / février 2010 :

« 2010 / 20 ans / Génération gravure », à l’Ecole Estienne (Paris).

2009 :

février

« Trame et mots », à la Médiathèque de Crest (Drôme), dans le cadre de la Fête de la laine.

2008 :

novembre / décembre

« Renoué », au Musée de l’imprimerie (Lyon).